Première séance d’EMDR

20 Sep

Aujourd’hui, le 20 septembre 2016, j’ai rendez-vous au dans un centre d’hypnose et de thérapies brèves à Paris.

C’est la première fois que je teste l’hypnose. Pour cette séance, il s’agit de l’EMDR (Eye movement desentization and reprocessing). Cela consiste à faire effectuer une série de mouvements oculaires qui permettrait d’agir sur le cerveau afin de faire estomper les traumatismes vécus dans le passé.

J’ai commencé la séance par raconter mon histoire et ma rechute du moment. Après avoir échangé quelques questions-réponses afin de mieux cerner mes maux, le praticien m’a ensuite posé une série de questions hors phobies, dont deux qui seront importantes pour la suite :

  • Qu’est-ce que vous aimez le plus faire dans la vie ? -> Chanter, faire du vélo, me balader, voir mes amis
  • Quel endroit appréciez-vous le plus ? -> La plage

Il m’a ensuite demandé si j’étais prête à faire des exercices de relaxation au quotidien, cela lui semblait très important. Bien sûr, je suis prête à tout pour guérir !

Mouvements oculaires

Muni d’un bâton avec une bille collée dessus, le médecin a commencé par l’agiter rapidement avec des mouvement répétitif : de gauche à droite, de haut en bas, en diagonale… tout en répétant « vomi, vomi, vomi vomi » pendant au moins 30 secondes. Il m’a aussi demandé de me remémorer toutes les images de vomi que j’avais connu, notamment celui de mon petit frère lorsque j’étais enfant. Cette première tentative m’avait perturbé, mais cela ne m’a rien provoqué.

Il recommençait alors une deuxième série de 30 secondes… puis une troisième. A chaque série, il me demandait ce que je ressentais. Parfois je ne ressentais rien, parfois, mon cœur s’accélérait. Durant une série, je me suis même sentie apaisée car ses mouvements étaient plus lents. Il m’a alors demandé de me concentrer sur ma phobie et depuis, ses mouvement étaient beaucoup plus brusques et ses mots de plus en plus difficiles, tels que « Je vais vomir, je vomis du vomi ». Cette fois-ci, il m’avait touché, j’étais vraiment déstabilisée. Il finit par une série avec « Je vomis par terre, partout par terre ». J’imaginais cette scène tellement insupportable que je lui ai dit « Cette fois-ci, j’ai envie de pleurer et mon cœur s’accélère ». Il disait alors que c’était bien et qu’il fallait lâcher toutes les émotions que j’avais.

Je pense que ces séries de mouvements n’ont pas réussi à m’ouvrir complètement. J’ai ressenti comme un blocage dans mon cerveau, comme si je refusais d’avoir des images de vomi. Il n’a pas réussi à me provoquer de crise d’angoisse… Pourtant, tous les épisodes de vomi que j’ai vécu m’ont été traumatisant. Je n’ai pas su m’y replonger dedans, comme si je les avais enfermé dans un coffre fort et que j’avais perdu la clé. Ce qui est sûr c’est que je n’avais jamais entendu le mot « vomi » autant de fois dans ma vie, cela résonne encore dans ma tête ! Si cette séance avait été faite avant ma TCC, je pense que j’aurai pu avoir une crise d’angoisse, ce mot m’était impossible à entendre et prononcer auparavant.

Séance de relaxation

Assez de parlé de vomi. Maintenant, il m’a demandé de fermer les yeux et il a commencé à me faire « rêver ». Il a mis une musique d’ambiance apaisante. Désormais, je n’entends plus que sa voix et je pars dans un monde paradisiaque. Il dit que je me trouve sur la plage, que je tiens un ballon d’hélium. En soufflant, le ballon se gonfle et devient de plus en plus gros. Je le tiens de ma main droite et je commence à m’envoler. Ma main devient alors légère… puis c’est au tour de ma main gauche, ainsi que mon corps. Il me laisse profiter de cet instant et ne dit plus rien pendant 30 secondes. A ce moment là, j’ai reconnu le morceau de piano dans le fond sonore, une de mes musiques préférées. J’ai alors imaginé mon copain jouer ce beau morceau. Je me sentais si bien que j’en ai pleuré de joie. Le médecin continue son récit. Je sens une odeur de menthe, cette odeur qui m’apaise lorsque j’ai mal au ventre. Je m’envole encore et toujours… Il me laisse encore profiter de cet instant magique quelques secondes. Puis, il termine par : « Je vais compter jusqu’à 3 et vous reviendrez à vous ». Ma séance de relaxation s’est fini ainsi.

L’univers qu’il m’a créé était si confortable que j’avais l’impression d’avoir pris du Lexomil. Je lui ai dit que c’était très agréable mais que lorsque je faisais une crise, il m’était impossible de penser à ces situations paradisiaques. Il m’a alors dit que cela n’était pas grave, du moins pour le début. L’essentiel, c’était que je fasse mes exercices au quotidien pour le moment.

Mon exercice de respiration

Globalement, cela consiste à inspirer pendant 5 secondes et expirer pendant 5 secondes. Le tout pendant 5 minutes, matin, midi, soir.

Durant l’inspiration, je dois répéter dans ma tête une phrase qui correspond à mon levier, ma force, ma ressource. J’ai choisi « Je suis bouddhiste », étant croyante, c’est ce qui me rassure le plus et qui m’a toujours rendu forte.

Pendant l’expiration, je dois répéter une phrase correspondant à mon but, mon objectif. J’ai alors choisi « Je vis normalement ».

Mon avis sur cette pratique

Je pense que cette thérapie m’aidera à trouver la vraie origine de ma phobie. Je pense qu’il me faudra plusieurs séances pour trouver la clé. En tout cas, je pense faire minimum 4 à 5 séances pour voir si cela fera effet.

Tarif

La séance a duré 1h pour 80€. Etant de nature un peu trop économe, je n’ai pas voulu m’aventurer dans une thérapie coûteuse. Mais en y rependant, l’argent… ça n’a aucune valeur si on ne peut pas profiter de la vie. Retrouver une vie normale est bien plus important.

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