J’ai des petites périodes de dépression

3 Oct

A chaque fois que j’ai un symptôme désagréable, je tombe automatiquement dans ma bulle noire.

Cette semaine, j’ai été malade et je ne suis quasiment pas sortie de chez moi. Ce dimanche, je devais aller voir de la famille, des cousins. Depuis ma replongée en enfer, j’appréhende chaque sortie. Mais cette fois-ci, je sentais mon estomac barbouillé en prime. Mon père m’a dit que je n’étais pas obligée d’y aller, mais je voulais absolument réussir ce défi. J’ai pris mon Lexomil et j’ai attendu un peu. Pendant ce temps, mon diable me parlait : « Hey ça fait longtemps que tu n’étais pas sortie ! Et si ça allait faire comme avant ? Avoir peur de remettre un pied dehors ? T’y as pensé ? ». Je me suis soudainement accroupie comme si ce diable avait raison et que j’avais déjà perdue. Mon copain m’a dit de me ressaisir et il m’a aidé à me relever. Il n’y avait pas vraiment de moment où je me sentais prête à partir, alors j’ai juste attendu 10 min et nous avons pris la voiture.

Durant le trajet, je n’avais que des idées noires, j’avais envie de creuser ma tombe et y rester à ne rien faire, jusqu’à ce qu’un volontaire veuille bien venir m’achever. Je ne savais pas pourquoi je devais vivre ça. J’avais juste un mal de ventre et tout venait de là. Pourquoi souffrir autant juste pour cette connerie ? Et si je n’arrivais plus à aller au travail ? Et si je perdais mon travail ? Est-ce que mon chef va me virer à force de faire du télétravail ? Et si je n’arrivais plus à manger comme avant ? Est-ce que je serai hospitalisée ? Ai-je vraiment un avenir ? Je n’aurai jamais la force d’avoir des enfants. Et voilà, j’ai les larmes qui coulent. Mon copain qui est en train de conduire m’a vu et me tient la main. Je sens un soutien, mais je n’ai pas la force d’attraper ce soutien. Je sombre encore et encore.

Arrivés sur les lieux, je vois au loin ma famille arriver. Ils me demandent « Ça va mieux ? » et voient ma tête et disent « Ah non… aller courage ». Je sors de la voiture, on se dirige vers la maison des cousins. Je vois ma tante au loin et je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je rebrousse chemin illico. Je n’avais pas envie qu’on me voit dans cet état. Je me cache derrière la voiture de mon copain et je m’effondre en larme à nouveau. Mon copain et mon beau frère me console. Ils me réchauffent le cœur, mais je me hais.

Je sais que ma famille est là. Je sais que je peux compter sur eux, mais moi, je n’ai pas envie d’être le boulet de la famille et attendre qu’on s’occupe de moi pendant que les autres travaillent dur. J’aime quand tout soit égalité partout. Je veux qu’on m’aide, mais je veux donner en retour. Pour l’instant, ils n’ont fait que de m’aider et moi, je n’ai rien rendu encore. Ils me disent que ce n’est pas grave, mais pour moi, c’est important.

Sans ma famille, mon copain ou mes amis, je ne serai rien. Sans leur soutien, j’aurai été au bord du suicide. Je n’arrive plus à vivre normalement et trouver le goût à la vie :

  • Je me force pour me nourrir car je n’y trouve plus aucun plaisir
  • J’ai peur d’aller au travail mais je m’y force pour pourvoir rembourser mon crédit
  • Je refuse beaucoup de sorties, WE, vacances, car je ne me sentirai pas bien
  • Quand je vois ma famille ou mes amis, j’ai quand même des crises d’angoisse
  • Tous les jours, je ressens un poids lourd en moi qui s’appelle « la peur »
  • Je vis parce que je dois juste vivre, je ne vois plus l’avenir
  • Je suis menottée à Lexomil et Seroplex

J’appelle ça de la survie. Aujourd’hui, je ressens que je ne me bats pas pour moi, mais pour mes proches. Je n’ai pas envie de mourir parce que je les aime et parce qu’ils tiennent à moi. Même si c’est éprouvant et que je dois constamment passer par la case déprime, j’ai choisi de me battre. Merci d’être là pour moi.

Cette chanson, écrite par un de mes groupes préférés, reflète si bien ce que je ressens. Lorsque je l’écoute, c’est comme si mes pensées se libère à travers la musique. Je me sens comprise, cela fait du tellement de bien.

Cry alone, I’ve gone away
No more nights, no more pain
I’ve gone alone, took all my strength
I’ve made the change,
I won’t see you tonight

Sorrow, sank deep inside my blood
All the ones around me
I cared for and loved

It’s building up inside of me
A place so dark, so cold, I had to set me free
Don’t mourn for me,
You’re not the one to place the blame
As bottles call my name I won’t see you tonight

Sorrow sank deep inside my blood
All the ones around me
I cared for and most of all I loved
But I can’t see myself that way
Please don’t forget me or cry while I’m away

Cry alone, I’ve gone away
No more nights, no more pain
I’ve gone alone, took all my strength
But I’ve made the change,
I won’t see you tonight

So far away, I’m gone.
Please don’t follow me tonight
And while I’m gone everything will be alright

No more breath inside
Essence left my heart tonight
No more breath inside
Essence left my heart tonight

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