Dix-huit jours sans aller travailler

14 Nov

Depuis que je suis dans le monde du travail, Je n’ai jamais eu plus de deux jours d’affilés d’arrêt maladie, que ce soit pour un rhume ou des maux de ventre. Cette fois-ci la phobie m’avait gravement atteinte, j’étais tellement faible que je pouvais attraper toute maladie qui pouvait venir à moi, d’où mes dix-huit jours sans aller au travail (en incluant trois week-ends et deux jours fériés).

Quand tout a commencé

Jeudi 20 octobre 2016 : Pour une fois, j’essaie de mettre mes angoisses dans ma poche. Je suis au bureau, il est dix-sept heures, j’ai une faim de loup ! Je n’ai plus de biscuit dans mon garde-manger. Ma solution ? Piquer des biscuits à mes collègues !  C’était des biscuits secs, rien de bien méchant, et pourtant, je l’ai très vite regretté. J’ai eu des crampes d’estomac aussitôt. Pourquoi ? Alors qu’ils n’étaient pas gras. Je ne le sais pas encore.

Le lendemain ainsi que le week-end, je mange un peu plus léger au niveau du déjeuner et du dîner, je n’hésite pas à accompagner mes repas de gingembre. Mes crampes n’ont pas disparu mais ça va un peu mieux.

Lundi 24 octobre 2016, je ressens mes crampes d’estomacs dès mon réveil et je décide de faire du télétravail. Mon repas (bourré de gingembre) s’est bien passé, mais je suis devenue instable psychologiquement. J’ai peur d’avoir mal au ventre au travail.

Mardi 25 octobre 2016, je décide d’aller au travail quand même car j’avais réussi à bien digérer la veille. Lors du repas : poisson et légumes, sans gingembre cette fois-ci, je ressens de fortes brûlures d’estomac. Je sais qu’elles sont réelles et que mon état psychologique amplifie cette douleur. J’arrête aussitôt de manger en plein milieu du repas. Je croise mon chef dans les couloirs et lui dis que je vais aller consulter. Il me dit « mais tout ça, c’est dans la tête non ? ». Je n’apprécie pas qu’on me prenne pour une inventrice de maladie, car je me connais assez bien pour savoir si mes maux de ventre sont réels ou psychologiques. Mais je ne lui en voulais pas, il ne connait pas toute mon histoire… Je crois qu’il a remarqué sur mon visage que sa remarque ne me plaisait pas. Il finit par « ok, fais au mieux », ce qui m’a rassuré.

Mercredi 26 octobre 2016, mon état empire, je ressens des brûlures et des remontées acides après chaque repas. Je file chez mon nouveau médecin traitant. Je le rencontre pour la première fois et je lui parle de mes maux en précisant que j’ai la phobie de vomir. Il me donne des médicaments et me dit d’aller faire une prise de sang pour voir si je ne présente pas de carences suite à une perte de poids trop importante en peu de temps. Il me fait un arrêt jusqu’à la fin de semaine. Ouf ! Je suis moins angoissée ! Je vais pouvoir guérir d’ici là…

La cause : un virus

Les résultats de ma prise de sang montre que j’ai attrapé un virus. Le médecin me dit alors que c’était ce virus qui était responsable de mes douleurs. Il me recommande alors de continuer à prendre mes médicaments pour soulager la douleur, mais que malheureusement, seul mon corps pouvait se débarrasser du virus. Il finit par « revenez me voir si cela ne va pas mieux ».

Durant le reste de la semaine, jeudi, vendredi, il y a des hauts et des bas. Certains repas passent mieux que d’autres. Les jours défilent très vite sans me laisser guérir. Je désespère et j’ai peur d’être malade pendant plusieurs mois… Néanmoins, je n’angoisse pas autant. Je sens que Seroplex fait effet. Je me sens plus relaxée, même si je continue à me poser trop de questions.

Mon chef m’a appelé pour prendre de mes nouvelles. Il sait maintenant que mes maux ne sont pas psychologiques ! Il me demande également si je pourrais gérer un dossier à mon retour. Je lui réponds qu’il n’y a pas de souci et que je serai de retour lundi.

Samedi et dimanche, deux jours écoulés en un clin d’œil et je ne me sens toujours pas mieux. Lundi, on est censé fêter Halloween. Bien que mes collègues ne sont pas du genre à fêter ça, j’ai toujours voulu venir avec quelques accessoires pour faire les faire rire. Mais j’abandonne l’idée, je suis trop mal en point pour jouer à ce jeu, je suis déçue. 

Ma pire journée au travail

Lundi 31 octobre 2016 : Que faire ? J’ai mal dormi, je me réveille avant même que mon réveil ne sonne. Je suis en panique, j’ai toujours mal au ventre, mais mon chef compte sur moi !! Je lui avais même dit que je serai là pour assurer le dossier. Ma conscience professionnelle prend le dessus. Je pars au travail. Et pour éviter les reflux gastriques de l’après-repas, je pars le ventre vide. Je ne prends pas de Lexomil, car je me dis que Seroplex faisait effet.

Je suis dans le train, il est quasiment vide. Mais, je suis terrorisée. Je fais cinq minutes en me forçant à fermer les yeux et oublier ce mal. Mais, l’angoisse m’emprisonne et gagne. Mon cœur s’accélère, je fais une crise. Je n’avais pas atteint un seuil d’angoisse de 10/10 depuis longtemps. Cela n’a durée que dix secondes, mais c’était très intense. Mon corps s’est mis à chauffer et mon estomac s’est contracté, j’ai eu des remontées acides de bile ! Ça me brûle… Je repense à mes séances d’hypnose et je relâche un peu mes muscles. J’hésite à sortir du train, mais mon corps reste paralysé. J’ai survécu au vingt dernières minutes de transports. Je sors du train aussi molle qu’un zombie. Je n’ai plus de force et j’ai l’impression d’être dans une autre planète. Je suis dans un autre monde, celui de la peur.

J’arrive au travail avec mon angoisse aussi collée qu’une sangsue. Je dis à mon chef que cela ne va toujours pas mieux et que j’étais venue au travail juste parce que j’avais « promis » que j’assurerai le dossier. Il m’a remercié, puis tente de me rassurer en disant qu’il n’y avait pas grand monde au bureau et que je serai tranquille. Il ajoute que je pourrai me reposer le lendemain, puisque c’est un jour férié. Je lui réponds que j’ai peur de ne pas guérir d’ici mercredi. Puis, il me dit « repose-toi bien demain, ensuite, tu verras bien ».

A l’heure du déjeuner, je n’arrive pas à manger. Pourtant, j’y arrivais sans problème à la maison. Je n’avais que cette conclusion : je n’arrive pas à manger à cause de l’angoisse. Je prends alors 1/4 de Lexomil. Quinze minutes plus tard, magie magie, je finis mon plat.

Cela ne faisait que deux semaines que je prenais Seroplex, il m’avait aidé à ne pas toucher à Lexomil quand j’étais à la maison où à proximité. Mais pour des épreuves plus difficiles comme prendre le train ou être à Paris, je n’arrive pas encore à m’en passer.

Après le repas, j’envoie un message à mon copain pour lui demander s’il pouvait venir me chercher en voiture à Paris. Il en a pour une heure de trajet, mais je ne voulais pas revivre ce que j’ai vécu ce matin dans le train, PLUS JAMAIS. C’était plus fort que moi… alors que je déteste gaspiller l’essence. Dans la voiture, je me sens bien. J’avais encore mes douleurs, mais pas l’angoisse.

Mardi 1er novembre 2016 : Un lendemain après avoir autant angoissé n’est pas de tout repos. Je reprends petit à petit des forces, mais cela n’est pas suffisant. Je prévois de retourner consulter le médecin demain.

Et encore une semaine d’arrêt !

Mercredi 2 novembre 2016 : Mon médecin n’a pas de disponibilité avant demain. Je passe encore une journée à me reposer, mais mes douleurs sont toujours et encore là.

Jeudi 3 novembre 2016 : Arrivée chez le médecin, je lui raconte mes mésaventures et lui demande si c’est normal que ce virus persiste aussi longtemps. Il me répond que cela varie selon les personnes. Mais ce qui était sûr, c’est que je devais me reposer car mon angoisse n’arrangeait pas les choses. Il me prescrit alors les mêmes médicaments contre les maux de ventre pour un mois et me fait un arrêt d’une semaine. Je lui mentionne ensuite que j’ai des douleurs après avoir uriné. Il me fait alors une ordonnance pour analyse urinaire.

Lorsque je préviens mon chef de mon arrêt maladie, il m’a dit « ah toi, tu ne fais pas les choses à moitié » en rigolant. Puis il m’a dit de bien me reposer et qu’il espère me retrouver en pleine forme. Ses mots étaient rassurant, mais j’avais la pression en même temps : cette fois-ci, je dois guérir et revenir au travail.

Vendredi 4 novembre 2016 : Je me rends au laboratoire d’analyse pour effectuer mon analyse urinaire. Côté estomac, ça n’a pas bougé d’un pouce, mais je n’angoisse plus car je n’ai plus à penser au train.

J’appelle mon père pour lui dire que je vais mal. Il m’a toujours soutenu avec ses paroles lorsque je n’allais pas bien. Il m’a dit qu’il m’apprendrait à faire des bouillons pour soigner l’estomac. Puis, sa réaction concernant ma peur de prendre le train était aussi inattendue que rigolote : « Ton avenir, désormais, c’est de rester à la maison (telle une femme au foyer) pendant que ton copain ramènera l’argent. »  C’est vrai que c’est ce que j’aurai souhaité actuellement, mais cela ne correspond pas à mon caractère, je ne veux pas une vie monotone.

Samedi 5 novembre 2016 : Je fête mon anniversaire avec mes amis / famille chez moi. J’avais longtemps hésité à l’annuler, car je n’ai pas la tête à faire la fête. Puis, je me suis rappelée de ma TCC : y a qu’en pratiquant qu’on s’en sort ! Et puis, c’est chez moi, si je fais une crise, je pars me reposer dans ma chambre, tous mes amis sont au courant. J’aurai aussi été déprimée de devoir annuler ma fête à cause d’une foutue phobie. Finalement, ça s’est très très bien passé, même si je n’ai pas pu manger la même chose que les autres ! Merci les amis et la famille.

Et puis… une infection urinaire !

Lundi 7 novembre 2016 : Je vais chercher mes résultats d’analyse d’urine et le bilan, écrit noir sur blanc : infection urinaire. Cela nécessite une consultation chez le médecin pour prise d’antibiotique. Géééééénial… mais je m’en doutais. Côté estomac, à mon grand bonheur, je commence à sentir une amélioration. 3e séjour chez le médecin, il me prescrit ses antibiotiques et me dit de boire beaucoup.

Je vais ensuite chez mon père et je reviens avec une soupe avec plein de racines chinoises bizarres, mais c’est très bon et cela m’incite à boire.  A la prise d’antibiotique, j’ai eu mal au ventre. Presque retour à la case départ. Mais je me forçais à manger et mon ventre s’est plutôt vite habitué.

Mardi, mercredi passaient puis arrive jeudi 10 novembre 2016 : mon chef m’appelle à nouveau pour prendre de mes nouvelles. Je n’hésite pas à lui dire tout ce que je ressens, puis il a ressenti la pression que j’avais et m’a affirmé « si je t’appelle, c’est pas pour savoir si tu reviens lundi, mais vraiment parce qu’on s’inquiète pour toi« . C’est vraiment gentil, j’ai pu relâcher ma pression grâce à ses paroles.

Vendredi, samedi, dimanche, et enfin lundi 14 novembre 2016. Au total, dix-huit jours sans prendre le train, ni aller au travail ! Vais-je pouvoir reprendre le train sans angoisser ?

En forme pour le travail

Je me suis très bien reposée durant la semaine et cette fois-ci, je me sentais d’attaque pour aller au travail. Même si cela faisait longtemps que je n’avais pas pris le train, je m’y étais préparée psychologiquement. Même mon subconscient me le rappelait, j’en faisais des cauchemars, mais cela ne m’a pas arrêté pour autant. Mon copain me demandait même si j’étais sûre de vouloir reprendre le travail. J’ai envie d’y croire et d’essayer ! Et j’ai bien fait car, j’ai commencé ma première semaine avec succès ! 

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