Deuxième séance d’EMDR

18 Oct

Je suis arrivée dans le cabinet avec une peur pas possible. Comme la première fois, en fait. Je ne sais pas ce qui m’effraie autant, mais j’ai toujours ce poids en moi. Peut-être peur que je ne guérisse jamais ?

Le praticien m’a demandé comment j’allais depuis la dernière fois et si mon exercice de respiration m’a aidé. Lorsque j’ai commencé à parler, je tremblais de la voix et mon corps était crispé. Mais cette fois-ci, je n’ai pas pleuré. Je lui ai expliqué que mes crises d’angoisse n’avaient pas diminué et que je ne pouvais plus me passer de Lexomil. L’exercice de respiration m’aidait, mais ne réussissait pas me calmer pleinement lorsque j’étais en crise : lorsque j’inspire, ça va, mais à l’expiration, j’ai l’impression que je vais vomir. Je pratique alors cet exercice uniquement lorsque je suis en capacité de le faire. Il a dit que ce n’était pas grave, tant que je continuais à faire cet exercice quotidiennement. Le but de cet exercice est que je prenne l’habitude à respirer calmement dès que je sens que les crises d’angoisses arrivent.

Avant de commencer l’EMDR, je lui ai précisé que j’étais persuadée que ma phobie de vomir était liée à autre chose. En effet, après avoir discuté avec d’autres personnes et un médecin, on m’a convaincu que cela devait forcément venir d’ailleurs. J’y avais beaucoup réfléchi et j’ai peut-être une piste, en quelques mots : je trouve que vomir est un acte répugnant. Quand j’étais enfant et que je voyais mon petit frère vomir, j’avais le sentiment de ne plus l’aimer. J’ai donc peur qu’on ne m’aime plus si je vomis. Je lui ai donc fait part de cette supposition et il s’en est servit pour la séance.

Séance d’EMDR qui commence à fonctionner

Cette séance était différente de la première. Au premier abord, j’étais très crispée, j’ai sentie ma carapace me protéger et cela m’empêchait de m’ouvrir et me laisser guider par l’hypnothérapeute. Il m’a alors dit de laisser cette carapace de côté et dès cet instant, j’ai commencé à me laisser faire petit à petit.

Il a commencé avec des phrases convenable : « J’ai peur de vomir ! J’ai peur de vomir ! J’ai peur qu’on ne m’aime plus, j’ai peur qu’on me voit vomir ». A ce moment là, j’ai ressentie une émotion négative. Je me voyais devant du monde avec cette envie de vomir et cette peur que ces gens me regardent avec dégoût, qu’on me déteste parce que j’ai vomi.

Il continuait avec : « Je vomis ! Je vomis partout, par terre, sur mes vêtements, c’est sale, ça pue ! Tout le monde me regarde ! J’ai peur ». Ça en était trop ! Ma carapace était revenue pour me protéger. Je me suis vue devant du monde qui me regardait, mais je n’ai pas vomi (dans mon imagination, je précise). Je n’y arrivais pas. Le praticien a alors réitéré ces mêmes mots en me demandant de retirer cette carapace et il ajouta en plus : « Je vomis partout des morceaux ! ». J’ai essayé et ça a marché. Je me suis vue en train de vomir ces morceaux dégueulasses. Beurk ! Pour de vrai, j’avais envie de vomir… oh que je n’aimais pas ça ! Mais j’ai fait l’effort de continuer, de refuser que la carapace revienne.

Il poursuivait avec ces mots qui semblaient me toucher et m’a demandé « que ressentez-vous ? ». Cette fois, je lui ai dit « je me suis vue partir aux toilettes car vous me donnez vraiment envie de vomir ! ». Il a dit que c’était bien et qu’il fallait continuer comme ça.

Il reprenait alors : « Je vomis ! Je vomis du vomi ! Je vomis et tout le monde me trouve sale, j’en ai mis partout sur moi ». Cette fois, je me suis imaginée au travail, devant mes collègues et je me voyais vomir, encore ces morceaux dégueulasses. Mais soudain, j’ai eu un flash, je me suis souvenue que mon chef m’avait dit : « mais au pire, si tu vomis, c’est pas si grave hein« . Alors, cette envie de vomir s’est dissipée, j’étais rassurée.

Le praticien m’a dit que c’était très bien et il a poursuivi avec : « Je vomis ! Je vomis tout ce que j’ai en moi, je rejette tout ce vomi, si sale, tout me monde trouve ça sale ! Mais ce n’est pas grave ». Le « ce n’était pas grave » avait fait un espèce de tilt en moi. Ce n’est pas grave, ce n’est pas grave ?! Mais c’est vrai ? Pour la première fois, c’est comme si, je réalisais que c’était vraiment pas grave de vomir. D’habitude, j’ai toujours tout fait pour bloquer cette envie de vomir. Mais pour la première fois, j’ai sentie que cette envie de vomir – bien qu’elle soit provoquée par la pensée et qu’elle soit quand même présente – j’acceptais pour quelques secondes qu’elle vienne. J’ai failli avec des hauts le cœur. Mais je sentais tout de même que je n’étais pas prête à vomir s’il le fallait ! J’aurai tout stoppé avant.

Cette séance d’EMDR n’était pas fini ! Mais quand est-ce que ce calvaire va se terminer ? Je vais vraiment finir par vomir moi ! Il a continué encore deux séries et ces deux dernières n’ont plus été efficaces. J’étais complètement fatiguée, c’était tellement intense et éprouvant que ma carapace était revenu de force, pour me protéger, pour que j’arrête de souffrir. Le médecin a dit qu’on avait quand même bien travaillé.

Séance de relaxation

Ahhh enfin le moment que je préfère ! Après m’avoir plongée dans mes traumatismes, je peux enfin partir loin, dans un autre monde, comme l’autre fois. J’aimerais vraiment vivre dans cette autre vie, si loin de ma phobie !

Il m’a demandé de choisir une bille :

billes-verre

Il y en avait des plates, des rondes, un peu de tout, sauf ma couleur préférée. Bon tant pis, j’ai pris une bleu / verte au reflet rouge. Il m’a demandé de mettre cette bille sur la paume de ma main et de sentir son poids, sa forme, puis de mémoriser sa couleur, sa composition.

Ensuite, il m’a demandé de fermer les yeux et de ressentir à nouveau le poids, la forme, ses couleurs… Qu’est-ce qu’elle était belle cette bille ! J’ai beaucoup d’imagination et je voyais toutes ces belles couleurs en taille géante, comme les aurores boréales.

Il m’a ensuite demandé de penser à ma peur, ma phobie. Toute ce mal, présent dans mon corps, qui me hante depuis toujours… il m’a demandé de la transmettre dans cette bille. Je me suis alors vue à l’intérieur de cette bille géante, enfermée, j’ai même vomis dedans (toujours dans mon imagination) ! Beurk, j’ai sali la bille alors qu’elle était si belle.

Il m’a dit de faire évacuer toute la peur de mon corps par mon bras jusqu’à ma main, jusqu’à cette bille. Je suis alors sortie de cette bille géante. Elle était redevenue normale, je l’a sentais dans ma main. J’ai fait comme il a dit : j’ai transporté ma peur vers mon bras, vers ma main, vers cette bille que j’ai souillée.

Ensuite, il m’a dit que tout doucement, ma main va se fermer et que cette phobie sera enfermée dans cette bille, elle-même enfermée dans ma main. Et là, il m’a dit de ressentir toutes les ondes positives qui arrivent, tandis que ma main renfermant cette peur, s’éloigne peu à peu de mon corps. Je me suis alors plongée dans un univers de rêve, mais plus réaliste que la dernière fois. J’ai vu ma famille, j’ai vu ma mère (qui est décédée en vrai), je me suis vue avec mon copain. J’ai vu ma sœur avec son enfant (elle n’en a pas encore). J’ai vu que… moi-même j’avais un enfant ! Je voyais mon copain et moi lui tenir la main. On se baladait, d’abord tous les trois, puis tous ensemble, avec la famille au complet. Dans ce monde imaginaire, je tenais dans ma main, cette bille qui contenait ma peur. Je ressentais que je pouvais vivre le bonheur et que ma peur était parfaitement maîtrisée et coincée dans cette bille. Et j’ai associé tout cela à l’avenir. J’ai vu MON avenir positif ! J’étais tellement heureuse, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était beau.

Mes impressions après cette 2ème séance

Je rappelle que je n’étais pas dans un état hypnotique comme on peut le voir à la télé ou en spectacle. Il s’agit bien d’hypnose thérapeutique. J’étais parfaitement consciente, les gestes que je faisais (fermer ma main, éloigner ma main) étaient à mon bon vouloir, je me laissais juste guider par ses paroles. Je pouvais très bien tout arrêter si j’en avais envie car je n’étais pas sous son contrôle. Cependant, ma volonté était si forte que j’arrivais très bien à réaliser ce qu’il me disait de faire, j’arrivais aussi à ressentir des choses quand il m’a demandé de laisser les émotions venir à moi. Il faut un certain niveau de concentration et de volonté pour y arriver.

Le praticien a dit que j’avais fait un superbe travail aujourd’hui. Il m’a demandé de garder cette bille et pratiquer cet exercice tous les jours. Je ne me sentais pas aussi apaisée/shootée que la première fois, mais j’ai réalisé des choses. Je sens que j’ai bientôt trouvé la clé. Je pense avoir trouvé la vraie origine de ma phobie. J’ai aussi réalisé que je pouvais avoir un avenir… moi qui ne voulait pas d’enfant parce que j’en ai toujours eu peur, j’en veux un désormais, je veux une vie de famille. Je veux vivre ce que j’ai vu pendant la séance de relaxation.

Je n’ai pas encore pris Lexomil pour mon retour à la maison. Dois-je le prendre sachant que je ne me sens pas aussi bien que l’autre fois ? Bon, je tente sans. Je monte dans le train. Il se remplit à une vitesse pas possible ! Oh non, trop de monde ! Vite, vite, Lexomil ! Mais qu’est-ce que je fais ? Je sais très bien qu’il n’agit qu’au bout de quinze minutes ! Tant pis, je le prends quand même au cas où. Puis, je prends vite la bille dans ma main et je mets de la musique à fond dans mes écouteurs. Cette musique m’a vite replongé dans mon monde. J’imaginais la peur partir vers mon bras, vers la bille et je voyais à nouveau ma famille, on dansait, on était heureux. Je ne pensais pas à devoir pratiquer l’exercice aussi tôt, mais ça a fonctionné pour cette fois.

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